Jean Fautrier est né à Paris en 1898. Après la mort de son père, Fautrier est emmené par sa mère à Londres où il fréquente des écoles d'art : Académie privée de peinture, Royal Académy puis la Slade School. Rapidement déçu par l'enseignement donné dans ces écoles, Fautrier décide de prendre un atelier et de travailler seul. An 1917, Fautrier est rappelé en France pour y être mobilisé. L'année suivante, il est atteint par les gaz et blessé à l'oeil, il sera définitivement réformé en 1920. En 1923, Fautrier rencontre Jeanne Castel, cette même année, l'artiste réalise sa première gravure. En 1924, première exposition personnelle et premières ventes ; l'année suivante, le marchand d'art Paul Guillaume lui achète quelques tableaux. C'est avec ce même Paul Guillaume que Fautrier passe un contrat d'exclusivité en 1927. En 1928, Fautier rencontre André Malraux et les éditions Gallimard lui demande d'illustrer un texte poètique, Fautrier choisit "l'enfer" de Dante, et réalise 34 lithographies en couleurs. Le projet tourne malheureusement court et ne sera jamais repris. La crise économique touche durement le marché de l'art dans les années 30 et Paul Guillaume rompt le contrat qui le liait à Fautrier. Entre 1934 et 1939, l'artiste à bout de ressources quitte Paris pour les Alpes et devient professeur de ski et gérant d'un dancing, il peint très peu pendant ces années-là. En 1940, Fautrier rentre dans Paris occupé et sent l'urgence de se remettre à peindre ; il prend un atelier qui servira de lieu de rencontre pour ses amis résistants et il se lie d'amitié avec Jean Paulhan. Entre 1942 et 1945, Fautrier adopte définitivement la techinque de l'enduit épais pour ses peintures. C'est aussi le début d'une longue collaboration avec Georges Blaizot, Fautrier se passionne pour l'estampe et réalise de nombreux livres illustrés pour l'éditeur parisien : gravures en couleurs pour Orénoque de Robert Ganzo, lithographies en couleurs pour Lespugue de Ganzo encore, 31 gravures pour Madame Edwarda de Georges Bataille. C'est aussi à cette époque que Fautrier peint les Otages, qui seront exposés chez Drouin en 1945. En 1947, publication de L'Alleluiah de Georges Bataille, illustré de 18 lithographies, et de la femme de ma vie, gravures pour des poèmes d'André Frénaud. L'année suivante, Fautrier travaille à l'illustration de Fautrier l'enragé, texte de Jean Paulhan, un grand volume contenant des gravures originales en couleurs pour l'éditeur Blaizot. Le livre ne connaitra aucun succès. Entre 1949 et 1953, Fautrier met au point un procédé, mi estampe mi peinture qu'il appellera "originaux multiples" qui seront exposés à Paris et à New York. Fautrier revient à la peinture entre 1954 et 1958 et il fait de nombreux voyages. Entre 1955 et 1964, retour à l'estampe avec la série des grandes gravures à l'eau forte et à l'aquatinte. En 1956, invasion de la Hongrie, Fautrier peint les têtes de partisans. En 1958, l'artiste signe un contrat d'exclusivité avec Michel Couturier qui au début des années 60, avec l'imprimeur Jacques David, met en oeuvre un retirage des anciennes plaques de l'artiste et publie de nouvelles gravures. En 1960, Fautrier reçoit le grand prix international de la peinture à la Biennale de Venise. En 1963, publication de l'Asparagus chez Françoise Mermod à Lausanne, avec des lithographies originales de l'artiste sur un poème de Francis Ponge. En 1964, le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris rend hommage au peintre par une grande rétrospective. Fautrier malade ne peut s'y rendre, et meurt le 23 juillet 1964. |