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CHAGALL, lithographie, gravure, estampe
CHAGALL, lithographie, gravure, estampe MARC CHAGALL
Voici les estampes (lithographies ou gravures, livres illustrés, derrière le miroir) actuellement disponibles pour Marc Chagall, cliquez sur une image pour accèder à sa description. Sauf mention contraire, toutes les estampes sont signées par Marc Chagall et sont originales. Merci de contacter la galerie pour les prix.

Oeuvres disponibles pour CHAGALL

CHAGALL, quelques éléments de biographie

Marc Chagall est né à Vitebsk en Russie en 1887 d'une famille juive pauvre de 9 enfants. En 1907 il entre à l'Ecole Impériale d'Encouragement des Arts de Saint Petersbourg puis à l'école Swanseva de Leon Bakst qui lui fait découvrir Cézanne, Gauguin, Van Gogh.

A Paris en 1910, Chagall rencontre Max Jacob, Guillaume Apollinaire, Modigliani. Sa première exposition a lieu à Berlin en 1914, cette même année Chagall expose au Salon des Indépendants et au Salon d'Automne.
Chagall retourne en Russie en 1915 et y épouse Bella Rosenfeld, sa fille Ida nait un an plus tard. Il est nommé Commissaire des Beaux-Arts de Vitebsk en 1918 et fonde un an plus tard une académie où travaillent Pougny, Lisitzki et Malevitch, les relations de Chagall avec ses deux derniers se dégradent et Chagall est chassé de son poste. Il part s'installer à Moscou où le Théatre d'Art Hébraïque lui commande costume, décors, rideaux de scène, peintures murales. C'est en 1920 qu'il commence à écrire MA VIE, publié en France en 1931.

Vollard contacte Chagall en 1922 pour un projet d'illustrations de livres, Chagall illustre ainsi LES AMES MORTES de Gogol de 96 gravures à l'eau forte et aquatinte, puis LES FABLES de la Fontaine que Chagall illustre de 100 eaux fortes. Expositions en Belgique et à New-York en 1926. Chagall illustre aussi la Bible, commande de Vollard, pour laquelle il se rend en Palestine, en Syrie et en Egypte. Le livre édité par Tériade comprends 105 gravures à l'eau forte.
Inquiet devant la montée de l'antisémitisme, Chagall part s'installer à New-York en 1941 avec sa famille. Bella meut en 1944. En 1945 Chagall réalise les décors et les costumes de l'Oiseau de Feu de Stravinsky.
L'artiste rentre définitivement en France en 1948, après deux rétrospectives américaines (New-York et Chicago), il s'établit ensuite en Provence où il se remarie avec Valentine Brodsky (Vava). Il s'intéresse à la céramique, à la sculpture, il se lance aussi dans la réalisation de vitraux (cathédrale de Metz). Son oeuvre d'illustrateur ne cesse de se développer, DAPHNIS ET CHLOE de Longus, 1961 édité par Tériade, comporte 42 lithographies en couleurs ; LE CIRQUE en 1967 est illustré de 38 lithographies originales. Parmi les ouvrages illustrés par Chagall, citons encore Celui qui dit les choses sans rien dire ou encore les gravures accompagnant l'ouvrage SONGES, Chagall a également participé à des ouvrages collectif comme Paroles Peintes, ouvrage comportant également des gravures de Braque, Tapiès, Chillida, etc.

Chagall réalise en moyenne 15 à 20 lithographies par an (au total il en a réalisé plus de mille !). Parmi les plus importantes, citons Notre Dame en gris, Les mariés dans l'atelier. Chagall est aussi un affichiste, les plus connues sont Nice, soleil et fleurs, L'affiche pour le Metropolitan Opera ou encore Les quatre saisons.

Marc Chagall peint le plafond de l'Opéra de Paris en 1963, on lui consacre de très nombreuses rétrospectives. Le musée National du Message Biblique est inauguré en 1973, en 1977 le Musée du Louvre accueille une exposition.
Chagall meurt en 1985 à 98 ans, à Saint Paul de Vence. Deux ans plus tard, le musée Pouchkine lui consacre pour la première fois une rétrospective.
CHAGALL, Texte de référence
Nous reproduisons ici de larges extraits de l’avant propos de Charles Sorlier (qui fut le lithographe de Chagall ) pour son livre « Chagall le Patron »


« J’ai connu Chagall au tout début de l’année 1950. Je fus très impressionné par cette entrevue avec un peintre que j’admirais déjà profondément sans avoir, un seul instant, imaginé que j’aurai un jour la chance de me trouver en face de lui. Je lui empoignais la main avec certainement trop d’enthousiasme car les premiers mots que Chagall m’adressa furent : « Vous allez me briser les doigts ! »

Malgré cette trop violente manifestation métacarpienne, une très profonde amitié venait de naître entre Chagall et moi. J’allais devenir son unique graveur d’interprétation et son assistant, surveillant l’impression de ses lithographies originales. J’ai supervisé la mise en place d’œuvres monumentales telles que le plafond de l’Opéra de Paris ou les peintures murales du Metropolitan Opera de New-York. Chagall réalisa également de nombreux vitraux avec la collaboration de Charles Marq, le meilleur maître verrier de France, et peut-être du monde. Chagall considérait les « deux Charles » comme ses fils spirituels, nous l’appelâmes le « Patron ». J’ai eu depuis l’année 1950 la chance de voir naître toutes les lithographies de Chagall. On m’a parfois questionné pour connaître exactement la part qui me revient dans ces lithographies. Le présent ouvrage apporte l’occasion de mettre les choses en place d’une manière définitive. De tous temps, les artistes eurent des aides qui furent également leurs disciples et Chagall n’échappa pas à cette règle et ne s’en cacha jamais. De là à insinuer que les lithographies originales de Chagall furent exécutées en grande partie par moi, il y a un fossé que seuls les esprits simplificateurs n’hésiteraient pas à franchir. Une comparaison entre les lithographies originales de Chagall et mes gravures d’interprétation ne peut laisser subsister le moindre doute sur ce point, tant la technique utilisée et le résultat obtenu sont différents. Chagall éprouvait une grande joie à travailler lui-même sur la pierre ou sur le zinc. Chagall se considérait comme un artisan et il en était fier.

(…) Ma collaboration avec Chagall fut modeste. Chagall, sauf pour certaines illustrations de livres exigeant un étroit rapport avec le texte, ne recopiait jamais une œuvre déjà existante (note : il s’agit en fait exactement de la définition d’une estampe originale, quel que soit son support). Chagall travaillait en fonction de la technique lithographique afin de faire une création qu’il n’aurait jamais pu obtenir par un autre moyen. Cette manière de procéder est le véritable critère d’une planche (Lithographie, gravure, bois, linoleum) originale.

Chagall dessinait d’abord sur une composition en noir, sur pierre, sur zinc ou sur papier report, selon la commodité du travail. Ce noir constituait le plus souvent l’ossature de l’œuvre. Après s’être fait tirer quelques épreuves, Chagall ajoutait des tons à l’aquarelle ou au pastel, ce qui lui permettait de faire son choix entre différentes versions. Sa maquette ainsi faite, Chagall exécutait les planches des différentes couleurs. Nous imprimions ensuite, sur une presse à bras (nommée en argot « bête à cornes ») des épreuves d’essai que nous soumettions à Chagall.

Chagall les reprenait presque toujours, en corrigeant ou en ajoutant d’autres couleurs. De nouveaux essais, parfois deux ou trois, étaient alors nécessaires avant la mise au point définitive. Ce n’était que lorsque l’épreuve lui donnait entièrement satisfaction que Chagall signait le bon à tirer, en général pour cinquante épreuves, sinon il faisait détruire toutes les compositions. Mon rôle d’assistant consistait à diriger le travail chez l’imprimeur, le cas échéant à retoucher les plaques sous les indications de Chagall et ajouter parfois, à sa demande, une ou deux couleurs.

Je surveillais ensuite la perfection des tirages et la quantité exacte d’épreuves. Afin d’éviter toute fraude, je numérotais ces lithographies avant qu’elles fussent signées par Chagall. S’il subsistait quelques passes supplémentaires, elles étaient déchirées. Chagall n’avait nul besoin de passer des journées voire des mois à l’imprimerie afin de s’occuper d’une partie technique qui lui aurait fait perdre son temps et pour laquelle il me faisait une confiance totale.

Par ailleurs j’ai souvent eu la joie de graver des œuvres d’interprétation d’après des peintures de Chagall. La première fut « les coquelicots » datant de 1950. Jusqu’en 1955, je ne signais pas ces planches en tant que graveur. Ce n’est que lorsque les acheteurs se firent plus nombreux que certains marchands, peu scrupuleux, annoncèrent mes gravures comme étant des œuvres originales de Chagall. Ce sont ces malversations qui on accrédité un temps la fable selon laquelle Chagall ne réalisait pas ses lithographies lui-même. Chagall exigea donc, afin d’éviter toute confusion, que mon nom soit mentionné sur tous les sujets gravés par mes soins.

Je travaillais en prenant pour point de départ une aquarelle, un tableau, dans certains cas une photographie ou une simple carte postale. Comme pour les lithographies originales, je faisais tirer des épreuves d’essai que je soumettais à Chagall. Chagall reprenait toujours, à la gouache ou au pastel ces premiers tirages. Nous refaisions de nouveaux essais, que Chagall aurait pu, me semble-t-il, retoucher inlassablement. Certains éditeurs voyaient leur facture d’impression augmenter vertigineusement, car un planche prévue en six passages pouvaient en comporter vingt-cinq dans sa version finale. Le résultat ainsi obtenu était alors une nouvelle création et non une reproduction. Chagall exigea que mon nom soit porté sur la lithographie chaque fois qu’il ne participait pas à la mise sur pierre. »

Chagall, catalogues raisonnés

Marc Chagall, catalogue raisonné de l'oeuvre gravé
Marc Chagall, catalogue raisonné de l'oeuvre gravé
- Chagall lithographe, en 6 volumes qui répertorient toutes les lithographies de l'artiste ; ces catalogues établis par Fernand Mourlot et Charles Sorlier sont en tirage limité et contiennent des lithographies originales de Chagall. A noter une édition plus récente, en un seul volume : Marc Chagall, The lithographs, publiée chez Hatje qui décrit et reproduit aussi les plus de 1000 lithographies originales de l'artiste. Les numéros des oeuvres dans ce livre correspondent à ceux du Chagall lithographe, devenu rare.
- Marc Chagall, l'oeuvre gravé (ici reproduit) qui liste les gravures de l'artiste (gravures sur bois, eaux-fortes, aquatintes, linogravures, pointes sèches), réalisées entre 1922 et 1966. Kornfeld Editeur, édition totale à 2600 exemplaires, les 100 premiers contenant une gravure originale.
- Originales ou non, toutes les affiches réalisées par Chagall sont recensées dans Les affiches de Marc Chagall de Charles Sorlier, aux éditions Draeger.
- Enfin, Chagall, les livres illustrés répertorie tous les livres, catalogues, albums comportant des lithographies, gravures -eaux fortes, aquatintes, pointes sèches-, gravures sur bois de Chagall et reproduit chacune d'elles.
CHAGALL Verbatim
"Il faut travailler, il faut toujours travailler, réfléchir, reprendre. On ne peut pas tenter d'apprendre un idéal sans un immense travail, il faut sonner cent pour cent de soi-même ; si vous ne donnez que quatre-vingt-dix-neuf pour cent, c'est que vous n'êtes pas passionnés, ou alors que vous n'avez pas de talent. Il faut travailler jusqu'au bout, absolument, non pour gagner de l'argent, mais pour la qualité de l'oeuvre. La qualité donne le sens à la vie."
Citation de Marc Chagall in "Chagall le Patron" de Charles Sorlier.

Estampes déja vendues de CHAGALL